Avant d’énumérer les raisons économiques de soutenir la construction toujours en cours de l’Union européenne, rappelons que ce projet a permis de mettre fin à un millénaire de civiles, en entremêlant les destins et en créant des solidarités aujourd’hui évidentes mais inédites il y a peu.

1/ Un espace de liberté

Le marché intérieur est d’abord et avant tout un espace de liberté. Il offre la liberté d’étudier, de travailler ou de prendre sa retraite dans un autre pays européen, la liberté de choix pour les consommateurs, la liberté d’entreprendre.

2/ Un marché énorme

Potentiellement, le terrain de jeu des entreprises françaises est un marché de 500 millions de personnes, pas de 67 millions. Elles tirent parti de procédures simplifiées : au sein de l’Union européenne (UE), les entreprises ne doivent pas établir de déclaration d’expédition et leurs opérations sont exonérées de TVA.

3/ Une monnaie unique

Depuis la création de la monnaie unique en 1999, les entreprises des pays membres de la zone euro ont vu leurs perspectives de développement considérablement s’élargir pour plusieurs raisons. La monnaie unique favorise et sécurise les échanges commerciaux à l’intérieur de la zone euro, car les entreprises des pays membres – aujourd’hui au nombre de 19 contre 11 à sa création – peuvent conclure des contrats entre elles sans craindre des variations de change et des coûts supplémentaires. En outre, l’usage d’une monnaie commune permet aussi de garantir la transparence des prix et donc de favoriser la concurrence entre les entreprises de la zone. Reposant sur la force de frappe industrielle et financière des pays l’ayant adopté, elle représente une monnaie beaucoup plus stable à l’échelle internationale et moins sensible aux mouvements sur les marchés financiers qu’une monnaie nationale.

4/ Une monnaie reconnue

Parce qu’elle repose sur des fondamentaux solides (stabilité politique, puissance industrielle et financière des Etats qui l’ont adopté…), cette monnaie unique rend la zone euro attrayante pour les entreprises des pays tiers, stimulant mécaniquement ainsi le commerce et l’investissement. La politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE), dont la lutte contre toute dérive inflationniste est l’un de ses piliers, a fait de l’euro une monnaie de réserve intéressante pour les pays tiers, donnant de ce fait un grand poids à la zone euro sur la scène économique mondiale.

5/ Une voix qui compte dans le commerce mondial

Forte de son poids économique, l’Union européenne a signé des accords de coopération douanière et d’assistance administrative mutuelle dans le domaine douanier avec le Canada, la Corée du Sud, les États-Unis, Hong Kong, l’Inde, la Chine et le Japon afin de favoriser le commerce et l’assistance internationale dans la lutte contre la fraude douanière.

6/ Un moteur pour l’export

Environ 60 % des exportations françaises se font dans les pays de l’UE, ce qui représente environ 3,2 millions d’emplois. Rappelons qu’un quart des salariés français travaillent dans une entreprise exportatrice ! Les PME françaises profitent aussi du grand marché intérieur européen : 76 % des exportateurs français ont moins de 20 employés.

7/ Un facteur d’attractivité

La taille de ce marché intérieur explique en grande partie la forte attractivité des pays européens, en particulier de la France. Notre pays est la première terre d’accueil européenne des investissements directs étrangers dans l’industrie selon le baromètre EY de l’attractivité.

8/ De grands champions

Le marché unique a permis et permet toujours l’émergence de grands champions européens, dont un grand nombre d’entreprises françaises (Airbus, BNP-Fortis, Air France-KLM, Orange, EDF, Total, LVMH, Renault-Dacia…). Airbus compte 3000 sous-traitants en France. De son côté, Arianespace en fait travailler 1200.

9/ La libre concurrence

Au nom du droit européen de la concurrence, qui s’impose à l’ensemble des pays de l’UE, la Commission met fin aux monopoles, aux ententes, aux aides d’Etat et lutte contre les abus de position dominante, la concentration. La concurrence entre les entreprises doit créer une émulation, augmenter la compétitivité et faire baisser les prix pour les consommateurs. C’est ce qu’il s’est passé dans l’énergie, les télécoms, le rail… Seuls les services publics non marchands tels que l’éducation ou la protection sociale ne sont pas concernés.

10/ Un accès élargi aux marchés publics

Pour aider les PME à accéder plus facilement aux marchés publics européens, la Commission européenne a créé la base de données TED. Pour les PME, il suffit d’un clic pour accéder en français à des appels d’offres en Finlande, en Autriche, mais aussi juste de l’autre côté de la frontière, comme en Allemagne ou en Belgique.

11/ Une vision plus responsable de la croissance

La stratégie de Lisbonne puis la Stratégie 2020 ont pour ambition de permettre à l’Union européenne d’enregistrer une « croissance intelligente, durable et inclusive » organisée autour de trois axes : l’innovation, l’accroissement du taux d’emploi, la durabilité de la croissance.

12/ Quand l’Union européenne participe à la modernisation de notre économie

Sur la période 2014-2020, environ 27 milliards d’euros sont alloués à la France à travers :

  • Le Fond européen de développement régional (FEDER) et le Fond social européen (FSE) à hauteur de 15,5 milliards d’euros
  • Le Fond européen agricole pour le développement rural (FEADER) à hauteur de 11,4 milliards d’euros
  • Le Fond européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) à hauteur de 588 millions d’euros

Dans certains départements français, ces fonds représentent le tiers du budget annuel de fonctionnement.

13/ Les jeunes générations ne sont pas oubliées

Dans le domaine de l’éducation, l’Europe a permis la reconnaissance des diplômes, via le système « L.M.D » (License, Master, Doctorat mis en place en 2002) et facilite ainsi la circulation des travailleurs et des étudiants. Des accords ont été établis entre les universités afin d’échanger les étudiants notamment via le programme Erasmus créé en 1987.

14/ Une politique monétaire qui absorbe les chocs

Grâce à sa politique monétaire, la BCE permet de rendre la zone euro plus résistante aux chocs économiques extérieurs, c’est-à-dire aux changements soudains susceptibles de survenir en dehors de la zone et de perturber les économies nationales, comme l’augmentation du prix du pétrole ou des turbulences sur les marchés monétaires. La taille et la force de la zone euro la rendent mieux à même d’absorber ces chocs extérieurs en limitant les destructions d’emplois ou le ralentissement de la croissance.
L’intervention de Mario Draghi, le président de la BCE le 26 juillet 2012, en pleine crise de la zone euro, en est un exemple marquant. En déclarant à des investisseurs que la BCE ferait « tout ce qui était nécessaire » – « whatever it takes » – pour sauver la zone euro, il a évité l’explosion de l’Union monétaire alors que la solidarité entre États de la zone euro s’affaiblissait.
En indiquant qu’elle était prête à racheter des titres de dettes d’États souverains en difficulté (Grèce, Espagne, Italie…), la BCE a empêché que la hausse des taux souverains entrave la transmission de sa politique monétaire expansionniste. Puis, en septembre 2012, confrontée à une menace déflationniste, la BCE a décidé de multiplier les outils de politique non conventionnelle, notamment via des campagnes de prêts massifs de long terme aux banques, les TLTRO, allant même, pour leur dernière mouture, à prêter à taux négatifs, c’est à dire en payant les banques qui augmentaient leurs prêts à l’économie réelle.
En faisant baisser significativement le coût du crédit en zone euro, pour relancer l’économie et la hausse des prix, la BCE a permis de relancer les économies des pays de la zone euro.

15/ Une Europe capable de se défendre

La Commission européenne continue de défendre becs et ongles les intérêts d’Airbus face à Boeing, les États-Unis accusent le constructeur aéronautique européen de bénéficier d’aides illégales. Face à la menace d’une guerre commerciale avec les États-Unis, sous l’impulsion de l’impulsif Donald Trump, la Commission européenne a négocié et riposté sans attendre pour défendre les intérêts de son industrie, automobile, notamment.

16/ Des normes qui rassurent

Avec la mise en place des normes européennes, qui harmonisent les normes techniques, d’hygiène, de pollution et sanitaires dans l’ensemble de la zone d’intégration économique régionale, avec le principe de traçabilité qui permet de repérer l’origine, les conditions de production et de transport de tout produit alimentaire, l’Europe protège les consommateurs et ouvre de nouveaux marchés aux entreprises.

17/ Des appellations qui protègent

Les PME du secteur de l’agro-alimentaire français sont particulièrement performantes à l’export, grâce notamment aux appellations d’origine protégées (AOP) mises en place par le droit européen.

18/ Un brevet unique

Avec le Brevet européen, les entreprises qui innovent peuvent protéger facilement et rapidement le produit de leurs recherche dans plusieurs pays européens et ce, à moindre coût.

19/ Des données personnelles protégées

Avec le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), l’Europe s’est dotée d’un dispositif qui oblige les entreprises à mettre en œuvre toutes les mesures techniques et organisationnelles pour assurer la protection des données personnelles, créant de facto un environnement de confiance entre tous les acteurs (entreprises, consommateurs, institutions…). Le Japon a décidé de mettre en place un règlement similaire au RGPD, ce qui témoigne de l’influence de l’Europe dans le domaine ô combien important de la protection des données.

20/ Une politique agricole imparfaite mais qui permet de limiter les chocs

En dépit de certains défauts, notamment son incapacité à lutter contre la volatilité des marchés, la Politique agricole commune (PAC) renforce la compétitivité et la viabilité de l’agriculture de l’Union en prévoyant des paiements directs visant à stabiliser les revenus agricoles et finance des projets répondant à des besoins nationaux spécifiques au moyen de programmes de développement rural nationaux (ou régionaux), qui couvrent également l’économie rurale dans son ensemble. Jusqu’en 2020, la nouvelle PAC financera des investissements à hauteur d’environ 63 milliards d’euros dans le secteur agricole et les zones rurales de la France. Des priorités politiques ont été définies au niveau européen telles que : la croissance et l’emploi, la durabilité, la modernisation, l’innovation et la qualité. À titre de comparaison, le projet de loi de finances 2019 prévoit d’engager 2,7 milliards d’euros en faveur de l’agriculture et l’alimentation…

21/ Un environnement protégé

C’est sous la pression de l’Europe que les États membres ont commencé à légiférer et réglementer pour défendre l’environnement. La France a créé un ministère de l’Environnement, en 1971, avec la nomination de Robert Poujade. La première loi relative à l’environnement date de 1976. C’est l’Europe qui a créé le réseau Natura 2000 rassemblant des sites naturels ou semi-naturels de l’Union européenne dont la faune et la flore ont une valeur patrimoniale exceptionnelle.

22/ Une Europe qui protège l’épargne des européens

Les ménages européens ont plus de 250 milliards d’euros en dépôts bancaires (environ un tiers de leurs actifs financiers). L’Europe travaille pour finaliser l’Union Bancaire afin de mettre en place une garantie unique des dépôts à 100 000 par déposant. Ceci contribuera à renforcer la confiance dans le système bancaire européen.

23/ Des valeurs démocratiques fortes

L’Europe est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’Etat de droit ainsi que de respect des droits de l’homme y compris les minorités. La société européenne est caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice et la solidarité.

24/ Un espace d’égalité entre les hommes et les femmes en droit et de fait

L’Europe est fondée sur le principe d’égalité entre les femmes et les hommes selon l’Article 1 du Traité Européen. Avec le temps, la législation, la jurisprudence et des modifications des traités ont contribué à renforcer ce principe et son application dans l’Union européenne. Le Parlement européen a toujours été un fort défenseur du principe de l’égalité entre les hommes et les femmes.

25/ Une diplomatie forte et une Europe qui pèse dans les prises de décision à l’international

Dans ses relations avec le reste du monde, l’Europe affirme et promeut ses valeurs et ses intérêts afin de protéger ses citoyens. Elle contribue à la paix, la sécurité, au développement durable de la planète (COP25), à la solidarité et au respect mutuel entre les peuples, commerce libre et équitable, à l’élimination de la pauvreté et à la protection des droits de l’homme, en particulier ceux de l’enfant. L’Europe contribue au respect de la charte des Nations Unies et fait partie de l’OTAN et du G7.

26/ Un écosystème cohérent d’institutions crédibles et solides défini par l’article 13 du Traité de l’Union Européenne

  • La Banque Centrale Européenne
  • La Banque Européenne d’Investissement
  • Le Parlement Européen
  • La Commission Européenne
  • La Cour de Justice Européenne
  • La Cour des Comptes Européennes
  • Le Conseil Européen

27/ Une presse européenne parmi les plus libres au monde

Parmi les 10 pays du monde où la liberté de la presse est la mieux garantie, 7 sont européens selon le « Reporters sans frontières ».